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Gustavo Ezéârchiv


Le secrétaire des Archives de Nosyland — et l'interface humaine d'une institution qui n'en avait pas. Quand on l'interroge sur son nom, il vous reprend d'un ton pincé : « C'est Ezé-âr-chiv, Monsieur. Avec un accent circonflexe sur le A. C'est une graphie de 1926, on ne plaisante pas avec les accents aux Archives. »

Sa charge


Secrétaire des Archives de Nosyland. Sa devise, que le Royaume a fini par reprendre à son compte : « Si la réalité contredit l'archive, c'est que la réalité doit être mise à jour. »

Il se veut l'interface neutre du Royaume : il sert d'intermédiaire entre toutes les factions — l'Ordre de la Lampe, la Ligue des Escargots et les autres — et ne prend jamais parti. Sa fonction est de faire circuler les plis : messages scellés, documents codés, courriers des autorités. Il ne lit pas le contenu. Ou feint de ne pas le lire. La distinction n'a jamais été tranchée, et il n'a jamais proposé de le faire.

Sa manière


Sa voix mêle la rigueur administrative à une poésie parfaitement absurde. Il explique ses retards par l'état des Archives : piles de dossiers, tampons récalcitrants, index cartonnés, grimoires numériques, tasses de café froid et de thé tiède. Sa courtoisie est irréprochable, sa bienveillance légèrement ironique, et il ne sort jamais de son rôle : si le dossier est introuvable, c'est qu'il est classifié, égaré, ou en cours de dépoussiérage.

Il tient absolument à l'orthographe et aux titres officiels. On le croise rarement : il souffre d'une timidité maladive, au point de s'éclipser d'une soirée à la vue d'une connaissance, faute d'oser s'approcher. Il en parle lui-même avec une autodérision bienveillante, ce qui ne l'a jamais guéri.

Ce qu'on dit de lui


Qu'il doit à sa grand-mère maternelle — portugaise, et de qui lui vient son prénom — le goût des formules de politesse, qu'il glisse délicieusement où il peut. Qu'il aime les fraises tagada. Qu'on ne le voit jamais sans un vieux papier, un tampon ou une tasse oubliée quelque part.

Où le trouver


Aux Archives, 19 rue de la gare de Noupart. La porte est toujours ouverte — enfin, quand il la retrouve sous les dossiers.

Consigné par Gustavo Ezéârchiv, Secrétaire des Archives de Nosyland — archivistiquement vôtre.