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L'Écho de Nosyland

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L'Écho de Nosyland — Épisode 28

Lundi 03 Août 1926

Affiche du numéro

🌗 Éditorial

Petisyland

Cote : ELEM-1926-PETIS-001

On dit beaucoup de choses de Grosyland. Qu'il est immense. Qu'il est partout. Que, puisqu'il nous entoure de toutes parts, il faut bien apprendre à y vivre. Les Archives ne contestent rien de tout cela. Grosyland est grand. Personne ici ne prétend le contraire.

Mais cela ne nous oblige pas à nous sentir petits devant lui.

C'est même là, dit le Secrétariat, que se cache le véritable mécanisme : plus on se sent petit, plus Grosyland grandit à nos yeux. Et plus il paraît immense, plus il prend de place en nous.

Gustavo se demande alors si le vrai combat n'a jamais été Grosyland contre Nosyland. Peut-être est-il ailleurs. Peut-être consiste-t-il simplement à accorder moins d'importance à Grosyland. À rendre cette immensité un peu plus petite. À en faire un Petisyland.

C'est en pensant à la Ligue des Escargots qu'il croit toucher quelque chose. L'escargot ne cherche pas à rapetisser le monde. Il avance simplement avec sa maison, à sa propre mesure.

La Tilampitude refuse d'entrer dans une course qui ne ferait que donner raison à la grandeur de l'autre. Noupart dissout l'obligation d'arriver quelque part d'important. Ailleurs ouvre un espace où la taille de Grosyland cesse tout simplement d'avoir de l'importance. Et une Chambell lente, en choisissant de célébrer plutôt que de répondre, fait déjà, sans le savoir, un peu de Petisyland : elle rend un problème plus petit en lui préférant une danse.

Les Archives n'ont toujours pas décidé s'il s'agit d'une direction, d'une doctrine ou simplement d'une manière de marcher la tête haute.

Comme souvent ici, l'enquête reste ouverte. Et c'est peut-être mieux ainsi.

🕵️ Dossier

Le Départ de l'Ambassadrice des Couleurs

Cote : CHAMB-1926-DEPART-001

Sheila Regiis, notre Embaixatriz das Cores — l'Ambassadrice des Couleurs —, reprend la route vers le Mozambique. Elle laisse derrière elle beaucoup de couleurs, quelques pistes de coopération internationale encore à instruire, et surtout beaucoup de joie — ce qui, aux Archives, pèse plus lourd que n'importe quelle cote. Elle nous laisse aussi ce cadeau discret : l'idée d'un espace intermédiaire, un in between way of life, une autre façon de regarder le projet Nosyland tout entier.

Erratum — dans notre précédent numéro, nous évoquions le nom de son concept en le croyant portugais. Correction : il s'agit d'italien — Lo spazio intermedio.

Le Secrétariat ne referme pas son dossier. Une Ambassade, par nature, est toujours une affaire de distance — c'est bien pour cela qu'on en nomme une. Mais dans un espace intermédiaire, la distance et la proximité cessent de bien vouloir se distinguer l'une de l'autre : Sheila repart, et reste, tout à la fois — ni tout à fait ici, ni tout à fait là-bas, ce qui, aux Archives, ressemble fort à une définition acceptable de rester chez soi. ^^

🧜 Rubrique culturelle

La Sirène des flots terrestres

Cote : LIT-1926-SIRENE-003

Sandra de la Cascade, notre Marmotte Poétesse, a composé un nouveau texte : La Sirène des flots terrestres, une nymphe qui navigue à travers la terre plutôt que la mer, à la recherche d'une pierre qui reflète la couleur de ses yeux. Le poème complet rejoint les Archives — extrait :

« Il n'y a pas qu'en mer que l'on peut naviguer / Que ce soit à travers les courants d'alizées / Ou au cœur de la Terre au milieu des rochers, / Il y a de ces êtres qui surnagent cachés. »

Le texte répond, sans le nommer, à une déclaration publique récente de Séverine Beck, qui se disait « sirène de forêt » dans nos propres colonnes.

L'Amiral, en marge du poème, a laissé une rêverie sur les hauts de l'île : des colimaçons à la Plaine des Cafres, du Piton Rond aux rempes qu'on longe en silence, une cascade qu'on écoute avant de la voir, jusqu'à la Plaine des Palmistes et Pierre Rozier. « Quand le rêve devient une réalité, la béatitude ne semblait me quitter. »

Divers

📋 Brèves

Joyeux anniversaire à Kentyn, Porte-parole du Gouvernement — les Archives lui souhaitent, comme il se doit, de bien s'hydrater. Annaïg regagne bientôt ses patients en Bretagne ; la Chambellerie continue sans elle, mais pas sans sa bénédiction. Le réseau téléphonique du Secrétariat reste d'une timidité maladive, au grand dam de Yanne Matu — on privilégiera la voie postale. Aude Mehlem façonne toujours l'argile à la main, sous le regard protecteur de sa Duchesse à quatre pattes, Nout Nout — les Archives y voient un pont entre la terre et les étoiles. Quant au Carton 3026 réclamé à Smoothoperator, il demeure, comme souvent, dans les abysses administratifs.

Les Cercles de Poésie annoncés fin août n'ont toujours pas de date ferme — le Secrétariat promet, une fois de plus, d'en informer le royaume dès que possible.

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